Meteo World Company
Tout a commencé le jour où un Saint fraîchement canonisé et encore tout dégoulinant d’humanité à voulu jouer les « kakou » au conseil d’administration de l’Univers. Il y était question d’Evolution et lui a ripé sur la « modernité ». Le summum fut lorsque, croyant lancer un trait d’humour, il invectivât Dieu en ses termes « Mais ma parole tu as peur de moderniser tout ça : est-ce que tu veux donner l’image d’une «mauviette» ? ». Le maître de l’Univers se dressa avec tant de fougue que l’onde de choc alla frapper de plein fouet une île plus habituée aux cyclones qu’aux séismes. Ne me traite jamais de « mauviette ».
Et voilà, la manipulation avait marché et le Maître s’y était engagé à cents à l’heure : la globalisation de l’Univers était enclenchée. Les services météos affectés à la terre en furent les premières victimes ; après plusieurs restructurations et divers plans stratégiques on confia la gestion opérationnelle de l’hiver à la planète Polandus, celle de l’été à la Multinationale écran de la Galaxie Indus. La planification fut attribuée à la nébuleuse Swedichus tandis que la topologie s’en allait dans une autre. Au passage la gestion des stocks fut absorbée par un trou noir. Au siège, s’engouffrant dans cette ouverture, fraîchement béatifiés et autres postulants à la reconnaissance éternelle s’engageaient en masse dans les rangs de la Météo World Company. Tout occupés à faire la pluie et le beau temps des managers ils en oubliaient celui de la Terre. Le premier hiver dû au zèle des nouveaux sous traitants d’être particulièrement rigoureux et la neige y fut répandue avec générosité. L’été commença sans la moindre période de transition entre les deux équipes, à des années lumières l’une de l’autre, au grand damne du printemps qui rejoignit le camp des légendes. Tout aussi zélés les Indusiens répandirent avec générosité les vagues de chaleur. Après deux semaines les difficultés commencèrent. Non seulement les ordres de planification n’étaient pas toujours cohérents avec ceux de la répartition géographique, mais les matières premières vinrent à manquer. En outre les nuages les plus moelleux et les brises fraîches étaient sans cesse détournés au profit du siège de la MWC dont le management, atteint de réunionnite aiguë, ne cessait de croître. Les Indusiens, aussi occupés à réguler la météo d’autres galaxies, laissèrent un peu la Terre à l’abandon. Ce fut le fax du 15 août qui leur rappela leur objectif : le quota d’orages était loin d’être atteint et les KPI température étaient dans les chaussettes. La prime sur objectif allait leur passer sous le nez (dont ils était dépourvus d’ailleurs, mais un sou c’est un sou sur toutes les planètes désormais, et puisqu’ils n’ont pas d’odeur autant les mettre en poche que sous l’appendice nasal). Les voilà donc qui mettent les bouchées doubles, à grand coup de Sirocco ils nous mijotent un été saharien en pleine vallée Rhodanienne alors qu’on s’apprête à entrer dans l’Automne. Les nuages clandestins qui pensaient migrer à leur aise sont ramenés aux frontières. Et les alizés ne savent plus quel couloir emprunter.
Quand aux terriens….
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1 commentaire à cet article.
désolé pour la police de caractère mais l'éditeur d'Orbi me joue des vilains tours ce soir. Sur qu'il a été globalisé lui aussi.